Accorder le geste
AT sur le theme : “Aux ultimes Chimères”
Elle remonta un peu le coude de l’enfant, jusqu’à ce que le bras cesse de trembler.
— Des pieds stables, le dos droit. Et regarde au loin, regarde la cible.
L’enfant obéit. Il tira, et la flèche alla se planter dans la terre, bien avant le cercle de toile. Il laissa échapper un soupir.
— Ce n’est pas grave, dit Aelys. Le geste vient avant la distance.
Le terrain de tir occupait le bout du pré, derrière les dernières maisons. Trois buttes de terre, des cibles de toile mal tendues, et un vent léger qui descendait de la gorge, assez pour dévier une flèche trop légère. Les enfants se tenaient en ligne, l’arc un peu trop grand pour leurs bras, partagés entre l’envie de bien faire et la peur de rater.
La cheffe du village avait demandé à Aelys de rester quelques jours pour donner un cours chaque matin. C’était le premier. On avait rassemblé tous les enfants en âge de tenir un arc, et les histoires qu’on racontait sur elle circulaient déjà entre eux.
Certains étaient venus avec les vieux arcs du village. D’autres avaient reçu, pour l’occasion, un arc neuf, un carquois ajusté et quelques flèches payées par leurs parents. Les bois se mélangeaient sur la rangée, du plus brut au plus travaillé.
— Au suivant, dit Aelys.
Un garçon s’avança, un arc neuf dans la main. Le bois était plus lisse que celui des autres, la courbure régulière, la corde encore claire. Dans son carquois, les flèches neuves formaient un bouquet trop ordonné. Aelys en prit une du bout des doigts pour la vérifier. Le poids lui sembla simplement honnête.
Chacun des enfants tirait à son tour sur la cible la plus proche, pour jauger sa force, la distance, et apprivoiser le tir à l’arc. Le garçon arma l’arc et, comme sa camarade précédente, sa flèche alla se planter dans la terre, bien avant la toile.
— Je peux recommencer, s’il vous plaît ? demanda-t-il en se tournant vers Aelys. — Non. Chacun votre tour. La patience fait aussi partie de votre apprentissage, dit-elle calmement.
Il baissa les bras et se remit en place, les épaules tombantes. Son mouvement trahissait tout son mécontentement. Les enfants passèrent les uns après les autres. Deux seulement avaient réussi à atteindre la cible du premier coup. Puis ce fut de nouveau au tour du garçon à l’arc neuf. Cette fois, il se tenait plus droit, le regard fixé sur les buttes.
Il prit une nouvelle flèche, inspira, expira. Il banda l’arc. Le vent se leva un peu plus. Pour la première cible, cela ne changeait presque rien.
Un frisson parcourut Aelys au moment où le garçon tira. Elle fut troublée, son attention lui échappa et elle ne vit pas le vol de la flèche. Les exclamations des enfants la tirèrent de sa stupeur. Elle chercha des yeux la flèche. Pas sur la cible proche, pas dans la terre.
Elle la vit enfin, plantée dans le cercle grossier de la cible la plus lointaine. Cette distance restait hors de portée pour un enfant de son âge. Aelys n’avait donné que quelques indications, bien trop peu pour qu’il atteigne ce niveau en deux tirs.
Les autres enfants étaient tous impressionnés par son tir. Lui était en pleurs ; il se tourna vers Aelys et dit :
— Je l’ai tué, je ne voulais pas !
Aelys sentit dans ses paroles une note qui résonnait étrangement. Elle se précipita vers lui, posa une main sur son épaule. De l’autre, elle toucha l’arc : rien. Elle lui montra la cible, lui montra qu’aucun animal n’était mort ou blessé.
— Mais je l’ai vu, quand j’ai tiré.
L’enfant, abasourdi, finit par se calmer en comprenant qu’il n’avait rien fait de mal. Aelys, quant à elle, restait troublée. Elle demanda aux enfants de rester à leur place et de garder le calme le temps qu’elle aille chercher la flèche.
Elle traversa le pré jusqu’à la butte la plus lointaine. De près, le tir paraissait encore plus improbable : la flèche avait traversé la toile et s’était plantée dans la planche, à hauteur de cœur. Aelys posa deux doigts sur le bois pour la dégager. Une brève impression de déjà-vu la traversa, comme si sa main reconnaissait un geste qu’elle n’avait jamais fait ici.
Elle tira la flèche d’un coup sec et la garda en main un instant de plus que nécessaire. Ce n’était pas seulement un bon tir d’enfant. Il y avait, dans ce morceau de bois, quelque chose qui ne venait pas de lui.
Elle revint vers les enfants en gardant la flèche en main.
— C’est suffisant pour ce matin, dit-elle. Vous avez bien travaillé. Demain, on reprendra depuis le début, avec la même attention.
Quelques soupirs déçus s’élevèrent, vite noyés dans le bruissement des pas. Les arcs furent posés dans le râtelier grossier qu’on avait installé au bord du pré. Les enfants partirent par petits groupes vers les maisons, en parlant tous en même temps du tir impossible, du cercle lointain, du garçon qui avait « visé trop fort ».
Lui jetait encore des regards vers la cible, comme pour vérifier qu’elle restait bien vide. Aelys se contenta de lui faire un signe de tête.
— Tu reviendras demain, dit-elle. On verra ça ensemble.
Il acquiesça, sans oser poser plus de questions, puis suivit les autres.
Quand le pré fut vide, Aelys resta un moment immobile, la flèche entre les doigts. Le bois reposait contre sa paume avec une présence inhabituelle. Chaque arc, chaque flèche avait sa manière de répondre au contact : une densité, un grain, parfois une légère vibration. Avec les années, elle avait fini par appeler cela le chant du bois.
Celui-ci sonnait trop fort.
Elle fit jouer la hampe entre ses doigts, observa les veines du bois, la pointe, les plumes encore nettes. Rien, à l’œil, ne la distinguait vraiment des autres flèches neuves du carquois de l’enfant. Pourtant, la sensation persistait, comme si la mémoire de quelqu’un d’autre s’était logée là.
Aelys prit son propre arc, accroché à la clôture, et resta au bord du pré, face aux buttes. Elle se plaça de manière à garder la cible la plus lointaine bien en vue. Elle n’aimait pas tirer seule pour rien, mais elle avait besoin de savoir ce que pouvait cette flèche, et surtout ce qu’elle faisait à ceux qui la décochaient.
Elle banda l’arc et prit une longue inspiration. Elle ferma les yeux pour sentir le vent, le moment présent, la tension de la corde et de la flèche. La sensation étrange demeurait, comme un nœud sous la peau. Elle rouvrit les yeux, sans viser un point précis : simplement droit devant, pour voir où irait la flèche, pour en sentir la dynamique. Rien que pour l’apprivoiser et savoir comment tirer avec.
Elle tira.
Au moment où elle lâcha la corde et où la flèche partit, une vague de frissons remonta dans tout son corps. Une vision la saisit : un animal prenant la flèche en plein cœur. C’était donc cela que l’enfant avait vu. Elle resta un instant prise dans cette image, avec une haine dirigée vers la bête, une satisfaction lourde devant sa chute.
Ces émotions n’étaient pas les siennes.
Elles allaient à l’encontre de tout ce qui la guidait : la protection de la nature, des animaux, de chaque être vivant sur ces terres. Elle ne voulait pas ressentir cette violence-là, mais elle montait quand même.
Elle abaissa lentement l’arc et suivit la trajectoire du regard. La flèche s’était plantée dans la même cible lointaine que tout à l’heure, presque au même endroit, fendant la toile à côté du trou déjà ouvert par le tir de l’enfant. Aelys n’avait pourtant pas vraiment visé. Ce n’était pas son geste qui avait choisi ce point-là.
Sur le trajet pour aller chercher la flèche, elle se questionna. Elle avait ressenti le même frisson lors du tir de l’enfant, mais cette fois bien plus fort. Un nœud dans le chant du bois, là, dans sa paume. Pourquoi voyait-elle cette vision ? L’enfant l’avait vue aussi. Pourquoi sentait-elle cette haine ? Ce n’était pas elle. C’était la flèche.
Elle sortit la flèche de la cible, et une autre image l’attrapa au moment où le bois lâcha : ses propres doigts en train de retirer la flèche du flanc encore chaud de l’animal mort. Le pré disparut. Pendant un instant, elle sentit presque le poids du corps à ses pieds, l’odeur de sang, la satisfaction lourde d’un chasseur « qui a bien tiré ».
Ses jambes cédèrent. Elle tomba à genoux, la flèche toujours en main, les larmes aux yeux pour la bête abattue, et en même temps une part d’elle savourait le tir.
Encore une contradiction.
Elle lança la flèche plus loin, par dégoût.
Elle reprit ses esprits. Elle sortit ses gants de cuir d’une poche arrière. Après les avoir enfilés, elle ramassa la flèche à terre. Elle ne voulait plus la toucher directement. Personne ne devait plus la toucher. Personne ne devait plus tirer avec.
Elle le sentait maintenant : cette flèche changeait celui qui tirait avec elle. Elle avait servi à tuer, à tuer pour le plaisir. Savoir que quelqu’un avait pu ressentir ça la débectait.
Sur le chemin du retour, le village lui parut plus bruyant que d’habitude. Les voix, les pas, la fumée des foyers effaçaient un peu les images qui lui tournaient encore dans la tête. Elle aperçut le garçon à l’arc neuf, plus loin, près d’une porte. Un adulte, sans doute son père, lui parlait à voix basse en lui ébouriffant les cheveux. L’enfant leva brièvement les yeux vers elle. Aelys se contenta de lui répondre d’un signe de tête. Il était vivant, il n’avait tué personne. Pour l’instant, cela suffisait.
Dans sa main gantée, la flèche pesait plus lourd que son bois. Elle la rangea à part, dans un étui qu’elle attacha à sa ceinture, loin de son carquois habituel. Si cette chose devait encore servir un jour, ce serait avec elle. Et plus jamais dans les mains d’un enfant.
Les jours suivants, le pré retrouva le rythme tranquille des cours. Chaque matin, les enfants revenaient avec leurs arcs, leurs rires, leurs maladresses. Aelys corrigeait des épaules, des pieds, des souffles. Elle faisait répéter les mêmes gestes, encore et encore, jusqu’à ce que les flèches trouvent au moins la toile.
La flèche, elle, restait à part. Aelys l’avait rangée dans un étui fermé, accroché à sa ceinture, loin de son carquois. Elle n’y touchait plus. Par moments, en montrant une posture ou en ramassant une flèche tombée, elle sentait son poids contre sa hanche, comme un rappel discret. Elle finissait par l’oublier quelques heures, puis s’en souvenait de nouveau.
Un soir où elle se trouvait dans la hutte qu’on lui avait laissée pour la semaine, on l’appela :
— AELYS ! AELYS !
Elle passa la tête par la petite fenêtre.
— Aelys, viens vite, nous avons besoin de toi !
Elle sortit et suivit la personne qui l’avait appelée jusqu’à un groupe rassemblé près d’un ravin, derrière une clôture de bois qui empêchait qu’on y tombe. Tous regardaient dans la même direction. Quand elle arriva, plusieurs visages se tournèrent vers elle avec un air soulagé, comme si sa seule présence suffisait à ce que les choses s’arrangent.
Un cerf gisait en contrebas. Il avait glissé sur la pente et s’était retrouvé coincé entre deux rochers. Une de ses pattes pendait, tordue, couverte de sang, et une grosse branche avait glissé sous son poitrail pour se coincer contre le relief. Le bois lui bloquait le corps, l’empêchant de se relever. À chaque effort, il s’épuisait un peu plus. Il respirait encore par à-coups, les flancs tremblants, incapable d’avancer ni de reculer.
— Il est là depuis tout à l’heure, dit quelqu’un à sa droite. On ne peut pas descendre sans glisser, et il est coincé entre les rochers. À chaque fois qu’il essaie de se relever, il se cogne encore plus.
Une femme ajouta à voix basse :
— On l’entend depuis le village. Les enfants n’osent plus sortir. Il se fatigue, il va finir par mourir là si on ne fait rien.
Le souffle du cerf montait jusqu’à eux, râpeux, irrégulier. Par moments, il essayait encore de bouger, mais le bois qui le bloquait sous le poitrail ne cédait pas. Chaque effort semblait lui coûter davantage.
Aelys observa la pente, les rochers, la branche coincée. Le piège était trop loin, trop instable pour qu’on le brise à main nue.
— Je vais chercher mon arc, dit-elle simplement.
Quand elle revint près de la clôture, le groupe s’écarta pour la laisser passer. Le cerf respirait toujours, la tête basse, les flancs secoués par l’effort. Aelys posa son arc sur le bois, passa le carquois plus haut sur son épaule. Elle enfila ses gants de cuir, par habitude autant que par prudence.
Elle prit une flèche parmi les siennes, l’amena contre la corde. Ses doigts hésitèrent. Le geste, pourtant, lui était familier. Elle baissa les yeux. Ce n’était pas la flèche ordinaire qu’elle tenait, mais celle qu’elle avait rangée à part. Même sans la regarder vraiment, elle reconnaissait le bois sous le cuir, la densité étrange qui pesait entre ses doigts.
La flèche s’était imposée à elle.
Aelys inspira profondément et se tourna vers le ravin. En bas, le cerf haletait, pris dans la branche qui lui bloquait le poitrail. Autour d’elle, le groupe s’était fait plus silencieux. Il n’y avait plus que le souffle de l’animal, le froissement du vent dans les herbes, et le poids de la flèche, tendue entre l’arc et sa main.
Elle prit position, planta les pieds dans la terre, à largeur d’épaules. L’arc levé, elle laissa d’abord le bras se tendre, sans forcer. La corde effleurait encore sa paume.
Elle tira de quelques centimètres seulement.
Les premières images remontèrent. Un cerf qui détale entre les troncs, une flèche qui le prend au flanc, le choc sourd, la chute. Ce n’étaient pas ses souvenirs. La flèche lui montrait les siens.
Elle respira, très peu, et tira encore sur la corde. La tension monta dans ses doigts, dans son épaule. D’autres visions suivirent, plus rapides : des bois qui se brisent, des flancs qui saignent, des rires derrière, des pas qui s’approchent du corps.
Chaque image lui transperçait le cœur. C’était contre tout ce qu’elle croyait juste. Qui pouvait bien prendre plaisir à faire ça ?
La corde était presque à sa joue maintenant. Le bois vibrait entre ses doigts. La flèche poussait vers le cerf, demandait un tir de plus, un de ces tirs pour finir, pour posséder la chute.
Aelys serra la mâchoire.
Non. Ce n’était pas à la flèche de décider. Les souvenirs qu’elle portait restaient ce qu’ils étaient : du passé. Elle pouvait en recevoir d’autres. C’était à elle, désormais, de choisir ce que cette flèche ferait de ce tir.
La fraction de seconde suivante fut le début du combat.
Un combat de souvenirs entre elle et la flèche. Aelys appela contre elle tous les tirs parfaits qu’elle avait déjà accomplis. Jamais pour tuer, toujours pour accorder un geste avec le Chant ancestral. Elle tira sur ces souvenirs-là comme sur une autre corde, les laissa remonter : un tir pour détourner un loup, un autre pour prévenir, jamais pour abattre.
Elle invoqua certaines notes pour l’aider dans la lutte. La forêt autour d’elle répondit. Le vent, les pierres, la pente semblèrent se tendre dans le même sens que ses bras. Ce n’étaient pas des liens visibles, mais une manière pour le monde de se resserrer autour de ses mains, pour guider le tir vers ce qui, pour elle, était la seule bonne cible : la branche qui retenait le cerf.
Elle sentit le Chant l’encercler. Pas seulement dans ses bras, mais dans tout son corps. Les souvenirs de la flèche et les siens se mêlaient, tiraient chacun de leur côté. Pendant un instant, elle eut l’impression que ses doigts ne lui appartenaient plus vraiment.
Elle tira encore d’un souffle imperceptible.
La corde toucha sa joue. Elle laissa tout ce qu’elle avait en elle remonter dans ce geste : les tirs d’avertissement, les flèches plantées exprès dans l’écorce, les fois où elle avait choisi de manquer plutôt que de blesser. Tout ce qui, pour elle, n’avait jamais servi qu’à protéger.
Elle lâcha.
Le claquement de la corde sembla étouffé, comme s’il venait de plus loin. La flèche quitta l’arc en une ligne nette, et le monde ralentit autour d’elle. Elle la vit filer vers le cerf, puis dévier, comme retenue par un fil invisible. Elle se dirigea vers la branche coincée sous le poitrail, là où tout tenait.
Aelys n’eut pas le temps de voir si elle touchait.
Le sol se déroba sous ses pieds. Le bruit du ravin, des gens derrière elle, du vent, tout se tassa en un seul bourdonnement. Elle sentit à peine ses genoux heurter la terre. Puis il n’y eut plus rien.
Quand elle rouvrit les yeux, le ciel avait pris une teinte plus pâle. Elle était allongée à l’écart de la clôture, une couverture grossière passée sur ses épaules. Sa bouche était sèche, sa tête lourde. Des silhouettes se découpaient au-dessus d’elle.
— Ne bouge pas trop, dit une voix douce. Tu es tombée juste après le tir.
Aelys cligna des yeux. Les visages se précisaient. Elle reconnut la femme qui avait parlé tout à l’heure, près du ravin.
— Le cerf ? demanda-t-elle, dans un souffle.
La femme hocha la tête, un léger sourire au coin des lèvres.
— Tu as touché la branche. On a vu le bois éclater. Elle a glissé, et il a pu se dégager. Il a boité un moment, puis il est parti vers les arbres. Il est vivant.
Aelys se redressa lentement, les muscles encore tremblants. On l’aida à s’asseoir contre un poteau de la clôture. À côté d’elle, quelqu’un avait posé son arc. La flèche, plantée dans le bois de la barrière, dépassait à hauteur de main.
C’était celle-là.
Même sans la toucher, elle sentait sa présence, comme une note tenue trop longtemps. Elle enfila à nouveau ses gants, la saisit par la hampe et la retira doucement. Cette fois, aucune vision ne la renversa. Il restait une trace de violence, au fond, mais quelque chose s’était ajouté : un relâchement, un espace ouvert, comme le souffle qui suit une corde coupée.
La flèche avait gardé ce tir-là aussi.
Elle la contempla un moment, en silence. Elle aurait pu la briser sur place, en finir avec ce bois-là. Mais l’idée de la laisser dehors, incomplète, lui parut pire.
Elle rangea la flèche dans l’étui à part, referma le lien de cuir.
Si elle devait encore tirer, ce serait avec elle. Et chaque tir serait choisi, jusqu’à ce que cette mémoire-là domine les autres. Le reste tiendrait dans ce court silence avant le lâcher.